Ronnie Barkan

La Palestine et Israël sont le même endroit

Livre (broché): 19,00 €

Cette conversation avec le dissident et militant israélien Ronnie Barkan a eu lieu dans l’appartement d’une amie juive à Munich‑Haidhausen – un espace personnel où un échange ouvert sur la Palestine, le sionisme, le judaïsme, Israël et les conséquences de décennies de violence a pu se déployer. Barkan ne se considère pas comme anti-israélien, mais comme résolument antisioniste : il voit dans le sionisme une idéologie d’apartheid qui constitue le fondement de l’expulsion des Palestiniens. Il n’est pas seul à adopter cette position ; elle le rapproche de certains groupes juifs orthodoxes qui rejettent également le sionisme pour des raisons religieuses et éthiques.

Marqué par sa propre histoire familiale – ses grands-parents ont survécu à Auschwitz et à Dachau – et par des expériences dans un village de Cisjordanie où, jeune homme, il a rencontré des réfugiés de Tabsur, Barkan considère qu’il est de son devoir moral de plaider pour le rétablissement des droits de la population palestinienne. L’entretien met en lumière les motivations personnelles qui sous-tendent son engagement et son espoir d’une coexistence future entre Juifs et Arabes sur la base de l’égalité et de la justice.

Extrait

L’extrait suivant est tiré de l’entretien complet, publié dans la publication.

L’État sioniste est conçu comme un État racial.

HMV : … De mauvaises perspectives d’avenir …

Ronnie Barkan : Oui. Je veux dire, j’essaie de regarder l’avenir avec optimisme. Et je pense qu’il existe une réelle possibilité d’un avenir meilleur, mais la situation actuelle est la pire qu’il y ait jamais eu.

J’ai quitté la Palestine il y a environ dix ans parce que je trouvais irresponsable d’y rester, puisque je peux être bien plus efficace depuis l’extérieur pour changer la situation à l’intérieur. Malheureusement, la situation est telle qu’il est très difficile de la modifier de l’intérieur.

Cependant, beaucoup de personnes, dont beaucoup de Palestiniens, sont à l’étranger. La moitié de tous les Palestiniens vivent en exil forcé depuis sept décennies.

Et il existe manifestement une communauté mondiale qui soutient fortement la Palestine, contrairement à ses gouvernements, contrairement aux responsables élus. Dans la plupart des pays du monde, les gouvernements soutiennent Israël, tandis que les gens comprennent réellement et soutiennent ceux qui sont opprimés et asservis. C’est pourquoi je me suis impliqué dans la campagne BDS, la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël, semblable à la campagne de boycott qui existait alors contre l’Afrique du Sud. Il existe une campagne BDS mondiale, dirigée par des Palestiniens, contre Israël, pour exiger fondamentalement qu’Israël respecte ses obligations au regard du droit international et les conventions fondamentales des droits humains, et j’y ai participé. Cela aussi repose sur l’exercice d’une pression depuis l’extérieur afin de changer la situation à l’intérieur.

HMV : Ronnie, quand tu dis qu’il y a une campagne BDS et que tu en es un partisan, j’imagine que, dans ce pays, on t’accuserait d’antisémitisme. Que répondrais-tu à une telle accusation ?

Ronnie Barkan : D’abord, il faut parler de ce qu’est la campagne BDS et de ce que signifie la lutte pour les droits palestiniens. La campagne BDS revendique trois droits fondamentaux pour les Palestiniens, tous protégés par le droit international et les conventions relatives aux droits humains.

Donc, fondamentalement, quiconque réclame l’égalité, la liberté et la justice pour ceux qui sont actuellement opprimés en Palestine est, pour une raison ou une autre, considéré comme antisémite par les autorités allemandes ou les autorités israéliennes, comme tu l’as mentionné. En réalité, c’est exactement l’inverse.

Ceux qui appellent à l’égalité et aux droits pour tous sont ceux qui défendent leurs valeurs humaines, tandis que l’État racial sioniste, qui est conçu dès le départ comme un État racial, repose sur la distinction entre ce qu’il considère comme « les surhommes » et « les sous-hommes ».

Et cet État n’a aucune légitimité. Il s’agit exclusivement de supériorité raciale, de supériorité blanche.

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